Remarks by Executive Vice-President Séjourné and Commissioner Šefčovič on the proposal to protect the EU steel sector from unfair impacts of global steel overcapacity

Executive Vice-President Séjourné's remarks:

 

Mesdames et Messieurs, bonjour, 

En mars dernier, je suis venu devant vous avec une promesse simple et nette : sauver l'acier européen, sauver nos industries, sauver des milliers d'emplois le long d'une filière stratégique. Aujourd'hui, nous tenons parole. 

Pourquoi ? Parce que notre marché faisait face à des surcapacités mondiales et à des concurrents subventionnés pratiquant des prix cassés. En 2024, 18 000 emplois directs ont déjà été supprimés dans la sidérurgie européenne : c'est trop, et cela doit cesser.   

Les nouvelles mesures de protection commerciale que nous vous présentons aujourd'hui ont été co-construites avec les syndicats et avec les industriels. C'est assumé. Et cela nous a conduit à changer notre doctrine commerciale. 

Nous protégeons le marché européen de l'acier mais nous le faisons avec nos valeurs et notre méthode : le respect du droit international et le dialogue avec nos partenaires.  

 

Parce que parler d'Europe puissance n'a pas de sens si nous ne sommes plus capables de fabriquer la carrosserie d'une voiture ou le blindage d'un char. Et chacun sait qu'il est facile de détruire une base industrielle, mais si difficile de reconstruire un tissu industriel.  

Concrètement, nous présentons aujourd'hui la clause de sauvegarde la plus protectrice jamais proposée pour l'acier. Toutes les dispositions que Maros va vous présenter permettront une baisse historique de nos importations. En avril déjà, nous avions durci le dispositif, réduisant les importations d'environ 15 % : la marche d'aujourd'hui change l'équation. Avec cette nouvelle mesure, nous allons baisser de moitié les quotas d'acier étranger et doubler les droits douaniers au-delà. 

À celles et ceux qui redoutent une flambée des prix, je veux répondre très clairement : l'effet final sera limité — de l'ordre de 50 € par voiture, 1 € pour une machine à laver. C'est le prix raisonnable de notre souveraineté et de l'emploi en Europe.  

À celles et ceux qui parlent d'une politique « agressive », je dis : non. L'Europe n'avait pas actualisé la protection de son marché ; notre souveraineté était en jeu. Nous ne faisons pas comme « les Américains » : des quotas demeurent — 18 millions de tonnes —, des traitements préférentiels sont prévus dans ce cadre, et nous poursuivrons nos échanges, dans l'enceinte de l'OMC, avec chacun de nos partenaires.  

Mais cette étape de protection n'est pas un point d'arrivée.  

Elle crée un cadre — un temps utile, une respiration stratégique — pour mettre en œuvre un programme complet en faveur d'un acier vert, social, souverain et européen.  

L'industrie sidérurgique européenne était au bord de l'effondrement ; nous la protégeons pour qu'elle puisse investir, décarboner et redevenir compétitive. On ne décarbone pas en désindustrialisant.  

Cette pause bienvenue face aux menaces extérieures va nous permettre d'accélérer sur quatre chantiers. 

D'abord, une réforme du CBAM, afin de faciliter nos exportations et de lutter contre les contournements par les secteurs en aval. Ensuite, la définition d'un véritable label « acier bas carbone » pour créer la confiance des investisseurs et valoriser les efforts de décarbonation. Troisièmement, la réforme des marchés publics, pour que les autorités publiques puissent explicitement favoriser l'acier européen et décarboné dans leurs décisions d'achat et d'investissements. Enfin, le soutien à la demande : par notre plan automobile, par les besoins de la défense et nos mesures pour la construction, qui doivent devenir des moteurs de la transition sidérurgique. À ces leviers s'ajoutent une énergie propre à coût prévisible — via des PPA et de nouvelles infrastructures — et des exigences de contenu européen lorsque cela est pertinent.  

Notre méthode ne change pas : nous continuerons à travailler main dans la main avec les syndicats, les industriels et les territoires. Et nous continuerons à aller vite. Après 100 jours, nous avions un plan acier. Après 300 jours, nous proposons cette sauvegarde renforcée. D'ici un an, d'autres initiatives substantielles seront sur la table, notamment notre accélérateur industriel. C'est ainsi que l'Europe sort de sa naïveté et assume sa responsabilité industrielle.  

J'en appelle maintenant au Conseil et au Parlement : sur un sujet qui touche au cœur de notre souveraineté, nous devons rassembler largement. Et nous devons le faire au plus vite ! L'enjeu est concret : 300 000 emplois directs — dans 20 pays —, 2,5 millions d'emplois indirects. 
 

Par cette proposition, nous montrons avec Maros que l'Union européenne sait aligner sa politique commerciale et sa politique industrielle pour des objectifs communs.  

Je laisse maintenant mon collègue Maroš Šefčovič vous détailler les caractéristiques de cette nouvelle donne commerciale pour l'acier. 

Je vous remercie. 

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Commissioner Šefčovič's remarks:

 

Good afternoon from me, too.

The EU steel industry is a cornerstone of Europe's economy. Its health and global standing are essential to ensuring strategic autonomy, including our capabilities across many sectors, like defence and automotive.

However, global overcapacity – driven by non-market policies and practices – is threatening the long-term competitiveness of European steel.

In just a decade, the EU's steel trade balance has deteriorated dramatically:

  • From a 11 million tonne surplus to a 10 million tonne deficit.
  • Steel production is declining, with 65 million tonnes lost since 2007 – nearly half since 2018.
  • Our current production stands at 126 million tonnes, but capacity utilisation is only 67% – well below the healthy 80% benchmark and below profitable levels.
  • 30,000 jobs have been lost since 2018.

Meanwhile, other economies are rapidly expanding their steel sectors. This is no longer just one country issue.

The global overcapacity crisis is reaching critical levels – 602 million tonnes in 2024 are projected to grow to 721 million tonnes by 2027, five times the annual EU demand.

On top of this, third countries are closing off their markets – raising tariffs and introducing safeguards – while the EU market remains largely open and under intense import pressure.

That is why the Commission is acting decisively, following extensive consultations with our stakeholders – this proposed Steel Regulation should help restore balance to the EU steel market.

Turning to the key elements of the proposed measure. A new import regime, replacing the current safeguard that expires on 30 June 2026, will:

  • Cut the tariff-free import quota by 47%, from 33 million tonnes to 18.3 million tonnes.
  • Introduce a prohibitive 50% out-of-quota tariff.
  • Imports from all third countries – except our EEA partners – will be covered.
  • While importers must disclose where the steel was melted and poured.

These measures are WTO-compatible, clearly allowed under existing rules. Unlike others, the EU continues to be open and will transparently engage with partners under GATT Article XXVIII, offering compensation.

Later this week, on October 10, I will attend the Global Forum on Steel Excess Capacity on the margins of the G20 Ministerial in South Africa and engage with international partners.

We remain committed to a rules-based trade system and our global network of Free Trade Agreements, including with key steel-producing countries.

But we must also act decisively to defend Europe's interests.

And I am glad that we are already in sync not only with our stakeholders, but also with the most effected Member States and key Members of the European Parliament across the three main political groups.

Therefore, I trust that the co-legislators will work swiftly to turn this proposal into action.

So, to conclude, this is a necessary, effective, yet balanced measure to protect a vital sector of our economy, support jobs, and deliver on Europe's strategic goals.

Thank you.